Leurs noms sont apparus très vite. Quand les animatrices de #MusicToo ont lancé leur appel à témoignages sur les réseaux sociaux en juillet, elles ont rapidement reçu plusieurs messages impliquant le label de rock strasbourgeois Deaf Rock Records et son cofondateur Julien Hohl, parmi les centaines de récits de violences sexistes et sexuelles postés en l’espace de quelques mois.
Depuis, Mediapart et Rue89 Strasbourg ont enquêté sur ces faits : nous avons interrogé environ 40 personnes, qui travaillent ou ont travaillé avec le label, à Strasbourg ou à Paris, des stagiaires, des salariés, des musiciens… Presque toutes les personnes interrogées ont demandé à rester anonymes : la musique est un milieu dans lequel les places sont chères, et que l’épidémie de Covid-19 a encore plus fragilisé.
Parmi celles-ci, une dizaine de femmes, souvent jeunes, rapportent des comportements déplacés, voire violents, à caractère sexuel, qui se seraient produits entre 2015 et 2019 : propos sexistes, drague répétée, baisers décrits comme forcés, relations sexuelles où le consentement ferait défaut, de la part de Julien Hohl, 36 ans, figure emblématique d’un label né en 2009 à Strasbourg. Deaf Rock Records fait référence dans le rock indé français. Avec des albums salués par la presse, il a rapidement acquis une notoriété nationale.
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