Pour un candidat officieux aux élections municipales de 2026, Pierre Jakubowicz (Horizons) poursuit plutôt ouvertement sa marche vers l’Hôtel de Ville. Après avoir lancé son association « Strasbourg on y croît ! », puis une consultation citoyenne et un projet de kiosque pour les quartiers, l’élu d’opposition présente ce lundi 31 mars sa propre équipe de référents de quartiers.
Réunis sur la place de la Ziegelau, au centre du Neudorf, tous se tenaient derrière leur candidat pour être présentés à la presse. Avec l’entrain d’un annonceur du stade de la Meinau, ce dernier présentait un à un ses nouveaux soutiens, qu’il souhaite mettre au cœur d’un nouveau dispositif censé mieux connecter les quartiers à la municipalité. Sur la vingtaine de personnes présentées, les encartés se comptent sur les doigts de la main. « Leur rôle est de servir de relai à l’association et d’être des vigies dans les quartiers, pour faire remonter les problèmes », explique Édouard Bailhache, délégué du quartier Krutenau et collaborateur de la députée Brigitte Klinkert.
Mobilisation des déçus
En égrainant les noms de ses délégués, Pierre Jakubowicz savoure l’influence patiemment acquise auprès des collectifs d’habitants. Depuis quatre ans, l’élu d’opposition s’efforce d’être de toutes les réunions publiques et d’être identifié des déçus de la municipalité écologiste. Chaque grief contre la Ville devient l’occasion de rallier les mécontents d’un quartier.

On retrouve ainsi parmi les délégués Vincent Arnould, membre d’un collectif d’habitants dénonçant l’insécurité au quartier Gare, Karim Farès, un ancien policier souhaitant un « programme sécuritaire ambitieux » à l’Elsau, ou encore Philippe Cornec, un robertsauvien mobilisé contre la suppression d’un espace boisé rue de Buissière. « Je n’ai jamais eu de volonté de m’impliquer en politique avant », explique Frédéric, délégué au quartier Port du Rhin – Coop. Il s’était engagé en vain pour l’obtention de places de parking rue de la Coopérative. « Ce qui m’a poussé à m’investir, c’est le manque d’empathie, de proximité et de respect de l’administration de Jeanne Barseghian, en particulier de la part de son adjoint Pierre Ozenne. »
Redéfinir les élus de quartier
Que deviendront ces délégués après 2026 ? Plusieurs parmi eux devraient se retrouver en position éligible sur une liste. « En 2020, les écologistes avaient aussi cherché à s’appuyer sur les collectifs d’habitants », reprend Édouard Bailhache. « Mais avec les années, ils ont perdu le lien avec le terrain en s’enfermant dans le Centre administratif », estime t-il.
Pour Pierre Jakubowicz, cette première présentation n’est qu’un prélude à un système de représentation dans les quartiers qui serait redéfini, en cas d’alternance. « Un élu de quartier est efficace quand il a des moyens d’action, un lien hiérarchique directe avec sa direction de territoire. Nous voulons que ce soit le cas à l’avenir, sans l’intermédiaire d’un “pôle territoire”, que représentaient initialement [les élus de la majorité actuelle] Benjamin Soulet, Carole Zielinski et Hervé Polesi. » Une prochaine réunion de « Strasbourg on y croît ! » devrait se tenir dans les prochaines semaines ; à nouveau, le quasi-candidat présentera une nouvelle proposition pour la Ville.
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