Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Sofia, 22 ans : « Je sais maintenant que le vélo n’est pas réservé aux bobos »

Sofia, 22 ans : « Je sais maintenant que le vélo n’est pas réservé aux bobos »

Sofia a 22 ans. L’étudiante strasbourgeoise est engagée dans l’association Banlieues Climat, qui lui a permis de reprendre le pouvoir sur une certitude qui l’habitait depuis petite : celle qu’en résidant dans un quartier populaire, elle et sa famille étaient les premières victimes du réchauffement climatique.

Dans un vélo-café de Strasbourg, Sofia, 22 ans, frappe par sa détermination et son attention aux choses qui l’entourent. « Quand j’étais petite, je stressais tout le monde pour éteindre les lumières quand on n’était pas dans la pièce », sourit-elle. Cette forme d’éco-anxiété l’a désormais quittée. Depuis 2024, elle fait partie de l’association Banlieues Climat, qui milite pour que les habitantes et habitants des quartiers populaires soient écoutés, inclus et considérés dans les luttes climatiques.

Éduquée aux petits gestes qui ne suffisent pas

Car si l’étudiante en langues étrangères appliquées était touchée très jeune par l’écologie et le réchauffement climatique, les médias ne lui donnaient pas de modèle à son image. « En tant que fille du Maghreb vivant en quartier populaire, je me sentais concernée, mais pas représentée », résume-t-elle. Sur les plateaux télé, ce sont souvent des débats d’experts entre personnes éloquentes et éduquées. Seuls lui étaient enseignés, à l’école, les « petits gestes du quotidien » comme « faire attention à l’eau qui coule, trier ses déchets, éteindre la lumière… », cite-t-elle.

Aujourd’hui, son discours a changé. « Ces actions individuelles sont nécessaires mais ne suffisent pas, les gros pollueurs sont les entreprises et les gouvernements sont responsables », assène Sofia. Elle a grandi dans les Hauts-de-Seine, dans la banlieue ouest de Paris. « Mon père faisait attention à notre consommation de gaz, d’électricité, pour ne pas gâcher », poursuit-elle, le décrivant comme un des ses modèles. Difficile pour l’étudiante de dire d’où vient sa prise de conscience que les conséquences du réchauffement climatique se feront d’abord sentier dans les quartiers populaires – le lien n’est pas mis en avant, dans les médias ou à l’école. « Ç’a toujours été un sentiment plutôt qu’un constat, ça me paraît logique que les plus touchés soient ceux qui aient le moins de moyens pour se défendre, surtout lorsqu’on vit dans un endroit où peu d’argent public est investi », explique-t-elle.

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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et enquête sur les alertes qui lui sont transmises, les suspicions de pollutions, les artificialisations masquées, la qualité de l’air et de l’eau… Sans Rue89 Strasbourg, des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides comme les entrepôts d’Amazon par exemple. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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Baisse des budgets de la culture : les artistes craignent de « disparaître »

Baisse des budgets de la culture : les artistes craignent de « disparaître »
Environ 200 personnes étaient présentes devant la DRAC pour dénoncer les coupes budgétaires dans les secteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel, ce 20 mars 2025.

Jeudi 20 mars, 200 artistes-auteurs, employés et employeurs du monde culturel se sont réunis à Strasbourg pour contester les coupes budgétaires dans le secteur culturel. Ils craignent une privatisation de la culture et la précarisation de leurs statuts.

« Non à l’austérité. » Sur les marches du palais du Rhin à Strasbourg, jeudi 20 mars, quinze personnes serrent entre leurs mains des pancartes sur lesquelles figurent chaque lettre composant ce slogan. En réaction aux coupes budgétaires dans la culture décidées par plusieurs régions et départements, cinq syndicats ont organisé un rassemblement qui a réuni 200 personnes dans le calme.

En parallèle, une délégation de plusieurs syndicats de salariés et d’employeurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel a été reçue par la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est (Drac), le service de l’État en charge de la culture dans la région.

Environ 200 personnes étaient présentes devant la Drac pour dénoncer les coupes budgétaires dans les secteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel, jeudi 20 mars 2025.Photo : Magali Arrouays / Rue89 Strasbourg

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CSC de l’Elsau : le préfet signale au procureur des faits « d’intimidations verbales et physiques »

CSC de l’Elsau : le préfet signale au procureur des faits « d’intimidations verbales et physiques »
Avec son balai, son téléphone portable et ses propos, Hmida Boutghata a grandement contribué à l’agressivité dirigée contre les représentants de l’Etat et de la Ville.

Suite à une réunion sur l’avenir du centre social et culturel de l’Elsau, le préfet du Bas-Rhin a signalé au procureur des faits « d’intimidations verbales et physiques, diffamations et injures ».

Des propos insultants, un balai brandi au visage… Mardi 18 mars, les adjoints à la maire de Strasbourg Guillaume Libsig et Hülliya Turan ainsi que la préfète déléguée à l’égalité des chances Marilyne Poulain ont vécu une réunion publique chaotique au sujet de l’avenir du centre social et culturel (CSC) de l’Elsau. Dans un communiqué publié le lendemain, le préfet du Bas-Rhin Jacques Witkowski déplore que les représentants des financeurs du CSC aient « été violemment pris à partie par les opposants à la liquidation judiciaire » de l’association gestionnaire du centre. Le préfet « condamne fermement ces faits : intimidations verbales et physiques, diffamations et injures ». Il indique avoir « saisi la procureure de la République de Strasbourg ».

Avec cette réunion, la préfecture et la Ville de Strasbourg souhaitaient donner des réponses aux habitants inquiets suite la liquidation judiciaire de l’association gestionnaire du CSC. Ils ont manqué d’information avant la décision du tribunal. La suspension des financements de l’association a été décidée en 2023. Mais les financeurs n’ont expliqué leur choix qu’en mars 2025. Deux audits internes ont mis en évidence une gestion opaque et clanique de la structure, mais dans le quartier, les arguments les plus audibles sont ceux des salariés et des membres du conseil d’administration de l’association. Pour eux, l’association gestionnaire serait victime d’une machination politique et le centre fonctionnait bien. En tout cas toujours mieux que maintenant qu’il est fermé.

Un balai au visage

Une vidéo publiée par Hmida Boutghata, militant de l’association de locataires Alis, permet de saisir concrètement les faits déplorés par le préfet. Dès le début de la réunion, cet habitant de l’Elsau s’avance vers les représentants de la Ville et de l’État. Balai à la main, tendu en direction des élus et de la préfète, il s’adresse en particulier à Guillaume Lisbig, adjoint en charge de la vie associative, qu’il qualifie d’« incapable notoire » avant de prendre un ton plus menaçant : « Vous savez ce qu’on va faire ? On va vous balayer avec ce balai (…) On viendra à Cronenbourg faire le nécessaire. On vous chassera avec les armes de la République. »

C’est ainsi que Hmida Boutghata donne le ton de la réunion. L’atmosphère est pleine de provocations et de propos insultants. « Turan dégage ! Turan dégage ! », lance le militant associatif après s’être à nouveau approché, cette fois de l’adjointe en charge de l’éducation Hülliya Turan. Son balai se trouve parfois à quelques centimètres du visage des représentants des financeurs.

« On les surveille les collabos »

La présidente de l’association du CSC de l’Elsau Soumia Yayahoui s’avance elle aussi à plusieurs reprises. Elle pointe du doigt Hülliya Turan et l’accuse d’avoir « fait mal à 7 000 habitants » du quartier. Elle les désignera plus tard comme une « mafia politique ». Derrière elle, Hmida Boutghata continue de crier : « Voilà la traitresse, la voilà l’indigne de la République. Faut pas oublier les collabos. On les surveille les collabos. »

Un peu plus tard, un habitant du quartier s’adresse à l’adjoint en charge de la vie associative Guillaume Libsig, en le pointant du doigt au niveau du visage : « C’est notre quartier. Vous ne savez pas ce qui se passe ici. Donc vous n’avez pas à venir parler à la place des habitants. »

Interrogé sur le signalement du préfet, la préfète déléguée à l’égalité des chances Marilyne Poulain approuve la démarche en précisant : « Des menaces ont été proférées sur le fait que le quartier allait prendre feu. On peut ne pas être d’accord et j’entends la colère de certains. Mais on ne peut pas accepter une telle violence vis-à-vis de représentants de l’État et d’élus. »

« Par nature le débat public est virulent »

« Ce qui s’est passé dans cette réunion est inacceptable », ajoute Guillaume Libsig :

« Il y avait un niveau de tension organisée et de violences verbales volontaires extrêmement intenses pour transformer ce moment de dialogue en tribunal d’opinion. Ceci nous a empêché de dialoguer avec les habitants sur la continuité des services dont ils ont besoin. Je salue le fait que la préfecture rappelle que les cadres du dialogue républicain doivent être respectés et ne sont pas négociables. On a maintenant besoin d’apaisement et de coopération pour organiser la continuité des services, dans l’intérêt des habitants. »

Dans une réponse écrite à Rue89 Strasbourg, Hmida Boutghata estime que ses actes « visent à dénoncer les manquements, l’inertie des élus ou des décideurs publics ». Il considère que « dans le domaine du discours politique, une certaine dose d’exagération est admise ». Selon lui, « le débat public est virulent par nature » et « la vidéo tournée sur Facebook prouve qu’il n’y a eu aucune violence ni appel à la haine » :

« Le balai est un symbole pour dénoncer l’état de notre quartier abandonné. […] Mes propos sont dirigés vers la fonction, qui relève de la critique légitime, critique qui n’excède pas ce que permet le débat démocratique. Je suis opposé à toute forme de violence. À mon sens, ce signalement participe d’une volonté de criminaliser des militants associatifs et bâillonner les habitants des quartiers. »

Grève des agents de la CTS samedi 22 mars à Strasbourg

Grève des agents de la CTS samedi 22 mars à Strasbourg
Image d’illustration

Samedi 22 mars, le syndicat Unsa a déposé un préavis de grève pour les agentes et agents de la CTS. Des perturbations sont donc à prévoir sur le réseau bus et tram le même jour.

Dans son préavis de grève pour samedi 22 mars, le syndicat Unsa dénonce l’épuisement des chauffeurs de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) et la dégradation de leurs conditions de travail. Il soutient que l’entreprise se désengage vis-à-vis d’eux et que le suivi des agents est opéré par des responsables qui n’y sont pas formés. Plus largement, le syndicat dénonce l’insécurité sur le réseau et fait référence à une intrusion dans une cabine de chauffeur datée du 11 mars.

Le préavis est déposé pour la journée entière du samedi et concerne l’ensemble du personnel, entraînant une altération de la desserte bus et tram. L’Unsa est le syndicat majoritaire à la CTS.

La CTS précise dans un communiqué jeudi 20 mars que les circulations des trams seront assurées toutes les 14 à 16 minutes sur les lignes A, B, C et D, toutes les 20 à 30 minutes pour les lignes E et F. Les bus 10, 15 et 20 ne circuleront pas, les autres lignes circuleront à fréquence normale ou réduite. Les détails du trafic seront mis en ligne sur le site de la CTS.

Plus de 500 manifestations déclarées à Strasbourg en 2024

Plus de 500 manifestations déclarées à Strasbourg en 2024
Manifestation en soutien au peuple palestinien

Les services de la préfecture du Bas-Rhin ont enregistré 558 manifestations en 2024, dont 533 rien qu’à Strasbourg. Un chiffre en constante augmentation, qui suit l’évolution de la notoriété de Strasbourg comme capitale européenne.

Dans le service de la sécurité intérieure de la préfecture du Bas-Rhin, sis dans l’hôtel de Klinglin place du Petit-Broglie au centre de Strasbourg, les agents reçoivent sept à dix déclarations de manifestations par semaine. Agriculteurs, féministes, salariés en colère ou militants pour la Palestine, les agents traitent tout ce petit monde selon une procédure très codifiée.

« Notre premier travail consiste à vérifier si la manifestation est déclarée dans les délais », indique Anne Gillot, directrice des sécurités à la préfecture du Bas-Rhin. La loi dispose que la préfecture doit être prévenue « trois jours francs » avant la date de la manifestation mais pas plus de 15 jours avant, soit en remplissant un formulaire, soit par simple lettre, soit par courriel.

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« Strasbourg capitale mondiale du livre » : pour faire le bilan, la Ville adopte une lecture sociale

« Strasbourg capitale mondiale du livre » : pour faire le bilan, la Ville adopte une lecture sociale
Après Strasbourg, la prochaine « Capitale mondiale du Livre » sera Rio

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Contre le racisme et le fascisme, manifestation samedi 22 mars à Strasbourg

Contre le racisme et le fascisme, manifestation samedi 22 mars à Strasbourg
Le 14 juin 2020 place Kléber, lors d’un rassemblement contre le racisme et les violences policières à Strasbourg.

Samedi 22 mars à l’occasion de la journée internationale contre le racisme et le fascisme, plus de quarante collectifs organisent une marche au départ de la place Kléber à Strasbourg.

« La situation est grave et urgente, nous sommes en majorité dans ce pays contre le racisme
et le fascisme rampant. » Dans un communiqué envoyé jeudi 20 mars, dix associations réunies en collectif appellent à une manifestation samedi 22 mars, à 15 heures afin d’obliger « le pouvoir à renoncer à ses politiques violentes d’exclusion qui jettent dans l’extrême précarité sociale et administrative, un grand nombre de personnes étrangères, travailleuses et travailleurs avec ou sans titre de séjour, familles, femmes, étudiants, mineurs isolés, exilé.e.s, en demande d’asile ou déboutés ».

Cette marche des solidarités est organisée dans plusieurs villes de France et réunit 553 organisations à l’échelle nationale. Pour Strasbourg, pas moins de 40 associations, syndicats et collectifs locaux prennent part à l’appel à manifester.

« Nous devons affronter et vaincre ceux qui promeuvent la haine et la division et le faire avec de larges mouvements fondés sur la diversité, la solidarité et l’unité », estiment les organisations.

En 2024, cette marche avait particulièrement dénoncé les mesures d’une loi sécuritaire voulue par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Ses principales dispositions avaient ensuite été censurées par le Conseil constitutionnel. Aujourd’hui, elle veut s’attaquer aux progressions des idées réactionnaires qui, même si lorsque les partis d’extrême droite ne sont pas au pouvoir en Europe, parviennent tout de même à faire en sorte que leurs politiques soient appliquées par les gouvernement comme en France, en Allemagne et au niveau européen. La manifestation vise aussi à rappeler la primauté de l’État de droit, mis à mal par des propos populistes tenus par des leaders d’extrême droite, comme Donald Trump aux États-Unis.

En Alsace, trois autres manifestations sont organisées contre le racisme et le fascisme. Dans la ville de Haguenau, à 11h place de la République, à Colmar à 14h face à la préfecture, 7 rue Bruat et à Mulhouse place Franklin à 14h30.

En réunion sur le CSC de l’Elsau, les financeurs débordés par la colère des habitants

En réunion sur le CSC de l’Elsau, les financeurs débordés par la colère des habitants
En direct sur Facebook d’une main, un balai dans l’autre, Hmida Boutghata a chauffé la foule pendant les deux heures de réunion sur l’avenir du CSC.

Lors d’une réunion publique sur l’avenir du centre social et culturel de l’Elsau, la préfète à l’égalité des chances et deux élus de la municipalité strasbourgeoise ont tenté d’apaiser les inquiétudes des habitants. En vain.

La réunion publique dédiée à l’avenir du centre social et culturel (CSC) de l’Elsau commence dans un long brouhaha. Mardi 18 mars, vers 18h, Guillaume Libsig et Hülliya Turan, adjoints à la maire de Strasbourg, viennent d’entrer dans une salle de l’école Léonard de Vinci avec la préfète à l’égalité des chances, Marilyne Poulain. Plus d’une centaine de personnes font face aux représentants des financeurs du CSC. Immédiatement, ces derniers sont interpellés par le représentant du syndicat de locataires Alis, Hmida Boutghata. Muni d’un balai pendant toute la réunion, il dégaine son téléphone et se met à filmer. Il scande en direction de la foule : « Ils sont là les menteurs et voleurs de la démocratie ! On va les balayer ! »

« Turan, dégage, Turan, dégage ! »

Avec cette réunion, la préfecture et la Ville de Strasbourg comptaient rassurer les habitants de l’Elsau. Dès le début des échanges, la mission semble impossible. Les habitants sont inquiets depuis la liquidation judiciaire de l’association gestionnaire du CSC. Ils ont manqué d’information en amont de la décision du tribunal. La suspension des financements de l’association a été décidée en 2023 mais les financeurs ont attendu mars 2025 pour expliquer publiquement leur choix, motivé par deux audits internes qui ont révélé une gestion opaque et clanique de la structure. Et dans le quartier, les arguments les plus audibles sont ceux des salariés et des membres du conseil d’administration de l’association.

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Les études et actions contre l’inceste présentées à Sciences Po Strasbourg samedi 22 mars

Les études et actions contre l’inceste présentées à Sciences Po Strasbourg samedi 22 mars

Sciences Po Strasbourg propose une journée d’étude et de rencontres intitulée « L’inceste, des chambres closes au fait social », samedi 22 mars avec des magistrats, journalistes, enquêteurs et d’autres actrices et acteurs institutionnels.

Samedi 22 mars, la Mission lutte contre les violences sexistes, sexuelles, homophobes et transphobes de Science Po Strasbourg, organise une journée d’étude sur l’inceste dans le but « de confronter l’inceste au regard des sciences humaines et travaux de journalistes, démêler les logiques et structure sociales qui pénètrent les familles, offrir en quelque sorte un lieu propice à dire l’indicible. »

L’après-midi s’ouvrira avec Alice Debauche, membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux Enfants (Ciivise) et co-directrice de l’enquête Virage abordera la question de la libération de la parole, notamment sur les réseaux sociaux et fera raisonner ce mouvement avec les travaux de la Ciivise.

Ensuite, Philippe Schneider, juge aux enfants au tribunal judiciaire de Colmar, et Monia Zoghlami, présidente de la Fédération nationale des administrateurs ad hoc traiteront la question de la réparation des victimes. Une troisième partie sera dédiée à la réalité des enquêtes sur le terrain en matière d’inceste, elle sera présentée par Alice Debauche, Stéphane Médy, commandant d’unité de la Maison de la protection de la famille au sein de la Gendarmerie Nationale et Joschka Nicolas, membre de la Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip). Des étudiants de Science Po Strasbourg résumeront aussi les échanges qu’ils ont eu avec la journaliste Sarah Boucault, qui a signé une enquête sur les auteurs d’inceste mineurs pour le magasine féministe La Déferlante en 2023.

Pour conclure, Justine Vizier, chargée de projets au Conseil de l’Europe exposera le rôle que peuvent jouer les institutions européennes dans la protection de l’enfance.

Cette journée a été pensée en mémoire d’Henrye étudiante à Science Po Strasbourg (promotion Boris Vian – 2017), qui s’est suicidée le 15 novembre 2023 suite à l’inceste qu’elle avait elle-même subi dans son enfance.

#inceste

Jeanne Barseghian alertée bien avant l’éviction d’Hervé Polesi sur ses comportements sexistes

Jeanne Barseghian alertée bien avant l’éviction d’Hervé Polesi sur ses comportements sexistes
Jeanne Barseghian lors d’un conseil municipal en mai 2022.

Questionnée lors du conseil municipal du 17 mars sur l’éviction de son ancien adjoint Hervé Polesi, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian est restée évasive, n’évoquant qu’un signalement daté du 8 mars 2025. L’exécutif avait pourtant été alerté dès 2023.

« Des faits m’ont été rapportés le jour du 8 mars. Suite à cela, nous avons les uns et les autres pris nos responsabilités. » Visages fermés, les conseillers strasbourgeois écoutent en silence la maire s’exprimer sur l’éviction de son ancien adjoint, Hervé Polesi. Dès l’entame du conseil municipal, le lundi 17 mars, Jeanne Barseghian (Les Écologistes) revenait sur les informations révélées le matin même par Rue89 Strasbourg sur le retrait des délégations de l’élu et sur son exclusion du groupe de la majorité. Cela faisait suite à des signalements de violences sexistes et sexuelles au sein de l’Université de Strasbourg où Hervé Polesi est maitre de conférences.

Dans les rangs de l’opposition, la brève réponse ne satisfait personne. Le conseiller d’opposition Nicolas Matt (Renaissance) revient à la charge : « Maintenez vous aujourd’hui que sa mise en écart n’est pas due aussi à des signalements internes à la collectivité ? » La question est reposée quelques minutes plus tard, par la socialiste Anne-Pernelle Richardot (PS) : « Nous avons, comme notre collègue, un certain nombre d’informations, y compris des signalements d’une organisation syndicale. Sauriez vous nous dire combien d’agentes sont concernées ? »

Face à eux, la maire restera évasive, n’évoquant que le signalement datant du 8 mars relatif à l’université, puis coupant court au débat. La Ville avait pourtant été informée bien avant d’autres comportements sexistes qu’Hervé Polesi est soupçonné d’avoir eu en interne à la collectivité.

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La rédaction de Rue89 Strasbourg publie régulièrement sur les violences sexuelles et sexistes. Ce sont des enquêtes qui touchent à tous les domaines, de l’enseignement supérieur à la politique en passant par le monde religieux ou l’environnement professionnel. Ces articles nécessitent souvent des semaines, voire des mois d’enquête notamment parce que les preuves manquent et que la parole est délicate à recueillir. En outre, ces violences interviennent souvent au sein de milieux fermés, privés et les mis en cause sont souvent des figures d’autorité, qui brandissent des menaces judiciaires contre les journalistes qui poseraient trop de questions. Autant d’éléments qui empêchent les médias de s’y intéresser, et permettent à ces violences de perdurer. Notre rédaction reste déterminée à donner la parole aux victimes, et à décrire la faillite des institutions face à ce phénomène de société.

Si nos articles ne remplacent aucune forme de justice, ils permettent en général que cessent ces violences. Grâce au courage des victimes, leurs témoignages éloignent au moins les mis en cause. C’est pourquoi l’existence de médias engagés comme Rue89 Strasbourg est essentiel pour donner la parole à celles et ceux qui affrontent le silence et subissent l’opprobre lorsqu’ils dénoncent des viols et des agressions sexuelles.

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Frédérique Berrod élue présidente de l’Université de Strasbourg

Frédérique Berrod élue présidente de l’Université de Strasbourg
Au centre, la nouvelle présidente de l’Université de Strasbourg Frédérique Berrod.

Mardi 18 mars, le nouveau conseil d’administration de l’université de Strasbourg a élu Frédérique Berrod présidente avec 19 voix sur les 33 suffrages exprimés. L’ancien vice-président Culture Mathieu Schneider a recueilli 14 voix.

« Tout va se jouer cet après-midi. Les forces en présence sont encore égales. » Dans la matinée du mardi 18 mars, le candidat de la liste Au Pluriel Mathieu Schneider avait confiance en ses chances d’obtenir la présidence de l’Université de Strasbourg (Unistra). Assuré d’obtenir plus d’une dizaine de votes, l’ancien vice-président Culture estimait que le résultat de l’élection se trouvait entre les mains d’une dizaine de membres du conseil d’administration encore indécis, des représentants du personnel Unsa et de la CFDT, des élus étudiants de l’Afges et de quelques personnalités extérieures.

Mais en fin d’après-midi, dès le premier tour, c’est finalement Frédérique Berrod qui a emporté la présidence de l’Université de Strasbourg en récoltant 19 suffrages exprimés contre 14 pour son rival. Trois personnes se sont abstenues.

Vice-présidente sortante aux Finances de l’Unistra, Frédérique Berrod veut, avec sa liste nommée Inspire, poursuivre dans la lignée des deux mandats de Michel Deneken, le président sortant. Elle était arrivée en tête des scrutins organisés le 7 février, ce qui lui a permis de disposer de neuf sièges au conseil d’administration (CA). Le soutien de dernière minute du syndicat étudiant Afges, fort de deux élus au CA, a joué dans sa victoire.

Son mandat est d’une durée de quatre ans, renouvelable une fois. Frédérique Berrod devient la 37e membre et présidente du conseil d’administration.

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Rassemblement à l’école Langevin pour loger 4 élèves à la rue jeudi 20 mars

Rassemblement à l’école Langevin pour loger 4 élèves à la rue jeudi 20 mars
Des parents et des enseignants se mobilisent pour l’hébergement de deux familles d’élèves du groupe scolaire Paul Langevin.

Le collectif des écoles Langevin à Cronenbourg appelle à la mobilisation jeudi 20 mars pour demander la mise à l’abri de deux familles d’élèves.

« C’est révoltant, cela relève de la non-assistance à personne en danger vis à vis d’enfants. » Catherine Djaroud enseigne en maternelle à l’école Paul Langevin, dans le quartier de Cronenbourg à l’ouest de Strasbourg. Elle ne retient pas ses mots lorsqu’elle parle des quatre enfants à la rue dans son groupe scolaire : « Il y a une petite dans ma classe qui est concernée. Elle dort avec ses parents et son frère dans une voiture depuis presque un an. »

Le collectif des écoles Langevin, créé le 17 mars, appelle à un rassemblement statique ce jeudi 20 mars à 16h30 devant l’école élémentaire du même nom. Constitué de personnels éducatifs et de parents d’élèves, il revendique la mise à l’abri de deux familles d’origine géorgienne qui ont des enfants dans ce groupe scolaire. « La deuxième famille a deux enfants en élémentaire, ils ont un hébergement chez des tiers qui va s’arrêter ce week-end », ajoute Catherine Djaroud :

« On ne peut pas accepter, en tant qu’enseignants, que nos élèves dorment dehors la nuit. Nous remarquons bien qu’ils ne sont pas en condition d’apprendre. Ils sont fatigués et ont la tête ailleurs. Ce ne sont pas des préoccupations qu’ils devraient avoir. Forcément, cela a des conséquences sur leur scolarité et sur l’égalité des chances. »

« Honnêtement, on n’attend plus rien de l’État (pourtant en charge de l’hébergement d’urgence, NDLR), on demande à ce que la Ville propose une solution », ajoute Catherine Djaroud. En cas d’absence de solution trouvée par les autorités, le collectif affirme être prêt à occuper l’école, comme cela a été fait dans plusieurs établissements fin 2024. Ces mobilisations ont abouti à des mises à l’abri financées par la municipalité.

Budget, cinéma Cosmos, ordonnance verte… Les points votés au conseil municipal du 17 mars

Budget, cinéma Cosmos, ordonnance verte… Les points votés au conseil municipal du 17 mars
Au début du conseil, la maire Jeanne Barseghian demande une minute de silence en solidarité avec les victimes de l’attentat de Mulhouse.

Le conseil municipal du 17 mars 2025 a été essentiellement marqué par le vote du budget. En dehors de cette délibération majeure, les conseillers strasbourgeois ont débattu de sujets aussi variés que l’augmentation des tarifs du Cosmos, l’efficacité de l’ordonnance verte, ou… la dissuasion nucléaire.

De 10h du matin à 22h07, le conseil municipal de Strasbourg du lundi 17 mars 2027 a étudié 56 délibérations et une dizaine de textes additionnels. Voici une sélection des votes les plus importants.

Adoption du budget 2025

Comme une répétition du dernier conseil municipal, le débat entourant l’adoption du budget 2025 s’est déroulé de façon attendue : la municipalité écologiste a défendu le recours à l’emprunt pour financer son « bouclier social et écologiste », en insistant sur le contexte national difficile. Le montant de la dette a été porté à 377 millions d’euros, 45 millions de plus qu’en 2024. La capacité de désendettement de la Ville est de 7,4 années en 2023.

Face à la majorité, les différentes nuances de l’opposition ont repris en chœur leur concert de critiques à l’égard de la municipalité, l’accusant notamment d’avoir été à la traîne sur la plupart des objectifs qu’elle s’était fixés, comme la végétalisation des cours d’école.

Le budget est adopté avec 44 voix pour et 16 contre, en provenance des trois groupes d’opposition – Les Républicains (LR), centristes d’Ensemble pour la République (EPR) et socialistes (PS).

Vers 11h11, les élus d’opposition ont brandi des affichettes dans l’enceinte du conseil municipal, en soutien aux forains qui demandent que soit organisée une Foire Saint-Jean en 2025. Le point n’était pas à l’ordre du jour, il n’a pas été discuté en séance.

Le Cosmos en difficulté

Le conseil municipal s’est penché sur la situation économique du cinéma municipal, le Cosmos. En raison de sa mauvaise santé financière, le cinéma augmente le prix de ses tickets, le tarif plein passant ainsi de 8 à 9€, et la collectivité versant une subvention supplémentaire de 266 000 euros sur trois ans. « La collectivité municipale doit assumer sans faire peser la charge financière sur les spectateurs », avance la conseillère communiste Yasmina Chadli, alors que l’adjointe à la culture, Anne Mistler, rappelle que les tarifs restent « largement inférieurs aux autres cinémas ». Certes, mais pour une programmation plus difficile à vendre, puisque le Cosmos ne peut pas mettre à l’affiche les sorties du moment… Jean-Philippe Maurer (LR) ne sait pas bien ce qu’il s’y passe et a demandé que la programmation « soit plus clairement affichée sur la façade ».

Malgré ses remarques, le groupe communiste a voté comme le reste de la majorité, et le point a été adopté avec 46 voix pour et 6 abstentions, venant des groupes PS et LR. Le groupe EPR n’a pas pris part au vote.

Trois postes pour le CSC de l’Elsau

Les élus ont voté la création de trois postes pour reprendre dès lundi 24 mars les missions périscolaires qui étaient assurées par l’association gestionnaire du centre socioculturel de l’Elsau, en liquidation judiciaire. Cette délibération a été adoptée à l’unanimité mais après des échanges durant lesquels l’opposition a demandé à la municipalité à la fois « plus de transparence » et un « respect de la présomption d’innocence » pour l’équipe gestionnaire, soupçonnée de conflits d’intérêts.

Adhésion au réseau international « Mayors for peace »

En milieu de conseil, les conseillers ont examinent l’adhésion au réseau des « Maires pour la Paix en France », et son pendant international, l’association « Mayors for Peace », créée à l’initiative du maire d’Hiroshima. Sur le papier, les adhésions aux réseaux de villes sont courantes, souvent anecdotiques ; mais ici, la délibération a inspiré aux élus un débat plus large sur la paix dans l’hémicycle.

Dans les rangs de la droite, la lutte contre la prolifération nucléaire promue par l’association fait tiquer Jean-Philippe Vetter, qui insiste pour défendre le rôle de l’armée française et de son arsenal nucléaire. Évoquant son expérience de la guerre Iran-Irak, qu’il a connu dans l’enfance, le premier adjoint poursuit : « C’est trop facile de dire qu’il faut s’armer rapidement, et de ne pas mesurer ce que ça veut dire dans les corps, les esprits, ce que ça coûte pour toutes les vies humaines brisées. »

La délibération est adoptée avec 44 voix pour et 9 abstentions venant des élus des groupes LR et EPR.

Étude sur l’ordonnance verte

Trois ans après le lancement de « l’ordonnance verte », en novembre 2022, la municipalité revient pour étudier l’efficacité de sa politique. L’objectif du dispositif était de lutter contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens chez les femmes enceintes, en proposant notamment à ces dernières d’obtenir un panier de légumes bio par semaine.

À la tribune, l’adjoint en charge de la Santé, Alexandre Feltz, a égrainé les résultats : « Près de 250 professionnels de Santé ont prescrit à près de 2000 femmes enceintes une ordonnance pour le dispositif. » En tout, cela à permis d’organiser 226 ateliers de sensibilisation et de distribuer 25 000 paniers distribués. La délibération soumise au vote propose de financer une étude pour objectiver les effets du dispositif « ordonnance verte », pour un montant de 107 000€.

La délibération a été adoptée avec 51 voix, et trois abstentions venant des socialistes.

L’achat du Cube noir se concrétise

Situé dans les locaux du Centre de ressource et d’expertise physique et sportive (Creps) dans le quartier de Koenigshoffen, le théâtre du Cube noir est logé dans un bâtiment appartenant à la Région Grand Est. L’établissement d’une convention entre la Ville et la région a permis jusqu’à présent à la municipalité de proposer à l’association Trois.14 une convention de mise à disposition.

La délibération présenté pérennise cette situation : la Ville renouvelle sa convention avec le Grand Est jusqu’en juillet 2025, pour permettre aux deux collectivités de s’accorder sur les modalités d’une vente des espaces, tout en maintenant l’activité du Cube noir. La délibération a été adoptée sans vote.

#Ordonnances vertes

Rassemblement du secteur du spectacle vivant et de l’audiovisuel jeudi 20 mars

Rassemblement du secteur du spectacle vivant et de l’audiovisuel jeudi 20 mars
Manifestation des acteurs de la culture contre les mesures de confinement des salles de spectacles, samedi 23 janvier 2021 à Strasbourg

Les syndicats CGT du secteur du spectacle vivant et de l’audiovisuel ainsi que le syndicat des structures culturelles appellent à une mobilisation jeudi à Strasbourg pour protester contre les baisses de budgets décidées pour la culture.

Jeudi 20 mars à 11h30, la Fédération du Spectacle CGT, dont le Syndicat français des artistes-interprètes, l’Union nationale des syndicats d’artistes musiciens et le Syndicat des personnels techniques, administratif et d’accueil du spectacle vivant et de la prestation technique (Synptac), ainsi que le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) appellent les amateurs et les professionnels du spectacle vivant et de l’audiovisuel à se rassembler devant le Palais du Rhin, place de la République dans la Neustadt de Strasbourg.

Réunis autour de « La Riposte », ces syndicats de salariés et patronal dénoncent des « coupes budgétaires à tous les étages » et des politiques de réduction des budgets culturels. Dans un communiqué, ces syndicats refusent « le délitement des politiques publiques conduites en matière culturelle, sociale, d’animation socio-culturelle, de sport ainsi que de toute politique conduite en faveur de l’émancipation ». Ils rappellent que leur action s’inscrit en réaction à la progression des idées d’extrême droite, alors qu’une « partie de la sphère politique et une partie du patronat font le choix d’accueillir et de soutenir ses idées nauséabondes, racistes, misogynes, anti-LGBTQi+ et anti-sociales pour défendre les seuls intérêts des plus riches contre la population ».

Plus concrètement, ces syndicats demande que le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle soit conforté, que la part collective du Pass culture soit refinancée et que les conditions d’accès à l’intermittence du spectacle soient assouplies. Pendant la manifestation, une délégation de ces syndicats doit rencontrer des représentants du ministère de la Culture.

L’Université de Strasbourg soutient un professeur d’archéologie malgré plusieurs alertes de harcèlement sexuel

L’Université de Strasbourg soutient un professeur d’archéologie malgré plusieurs alertes de harcèlement sexuel
La faculté des sciences historiques est située dans le palais universitaire de Strasbourg.

L’Université de Strasbourg a été saisie en 2022 du cas d’un enseignant en archéologie accusé de harcèlement et d’agression sexuelle par une étudiante. Malgré des témoignages concordants et un passif chez un précédent employeur, l’université a décidé de soutenir cet enseignant, qui nie les faits.

Lorsque Léa (tous les prénoms des étudiants ont été modifiés) découvre l’archéologie à l’Université de Strasbourg, elle a 19 ans. La jeune étudiante en histoire de l’art est « passionnée » par la matière, dit-elle d’une voix douce et posée, dans un chic café strasbourgeois, un jour de décembre 2024.

« C’était mon rêve, notamment la préhistoire », glisse Léa, en soufflant sur son chocolat chaud. Parmi ses profs, il y a cet archéologue quinquagénaire, assez réputé dans sa spécialité. Il est arrivé peu de temps après Léa à l’Université de Strasbourg, en 2021. Si au début de l’année, Léa est « émerveillée » par cet enseignant, c’est à partir du deuxième semestre que la jeune femme commence à sentir les choses changer. Ce sont d’abord des regards insistants, pendant les cours, puis un tutoiement, et – enfin – une invitation à venir participer à un stage de fouilles, loin de Strasbourg, pendant l’été 2022. Quand elle repense à cette période, la jeune femme l’admet : « J’étais tellement excitée et heureuse à l’idée d’aller faire une fouille, que même si je le trouvais bizarre et insistant, je ne voulais pas y penser. »

Comme ce jour où, dans un escalier et devant les amis de Léa (dont une a confirmé les faits), l’enseignant arrive et passe son bras derrière les épaules de Léa pour lui annoncer qu’elle est prise pour le stage. Ou comme cette manie qu’il a développée, progressivement, de l’appeler « ma petite Léa » devant tout le monde.

Interrogé au sujet de cette étudiante, et de ce harcèlement d’ambiance qu’il a créé, l’enseignant parle d’accusations diffamatoires et nie l’intégralité des faits.

Un sentiment de malaise pendant les fouilles, jusqu’à l’agression sexuelle, niée par l’enseignant

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À Strasbourg, la majorité écologiste écarte Hervé Polesi suite à un signalement

À Strasbourg, la majorité écologiste écarte Hervé Polesi suite à un signalement
Le conseiller municipal Hervé Polesi.

Lors d’une réunion organisée samedi 15 mars, le groupe de la majorité écologiste au conseil municipal de Strasbourg s’est prononcé en faveur d’une mise à l’écart d’Hervé Polesi. Ce dernier a fait l’objet de signalements au sein de la municipalité et de l’université pour des faits de violences sexuelles et sexistes.

Dans la matinée du samedi 15 mars, les élus du groupe « Strasbourg écologiste et citoyenne » au conseil municipal ont organisé une réunion exceptionnelle en visioconférence. « L’ensemble des membres du groupe présents ont approuvé l’exclusion d’Hervé Polesi, suivant ainsi les recommandations de la cellule d’écoute », affirme la co-présidente du groupe, Floriane Varieras, qui évoque également un « accompagnement » de l’élu, dans une démarche inspirée de la justice transformative. « On n’est pas la justice, on n’est pas la police, mais on se doit d’être exemplaire. »

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