« Nous sommes là pour soutenir nos confrères et consœurs visés par la liste », esquisse Me Gabriella Carraud, co-présidente du Syndicat des avocats de France (SAF) à Strasbourg. Mercredi 3 juillet, le site d’extrême droite « Réseau Libre » a publié une liste « très partielle » de 98 avocats « à éliminer ». Le barreau de Strasbourg a déposé plainte.
Le rassemblement sur le parvis du tribunal judiciaire a été organisé dans l’urgence, à l’image du sentiment qui semble animer le co-président du SAF, Me Vincent Thalinger :
« Il faut faire savoir à l’extrême droite que nous ne céderons pas, nous allons continuer à signer des tribunes en masse. »
Selon Gabriella Carraud, les avocats sur la liste sont les signataires d’une tribune parue dans Marianne. Dans le texte, ces derniers se placent en « brigade du droit contre le Rassemblement national ».
« Notre profession est inquiète, nous pouvons être les cibles de violences dans l’exercice de nos fonctions, selon les personnes que l’on défend. On constate que l’idéologie d’extrême droite est une menace à l’État de droit et à la démocratie. »
Me Gabriella Carraud
Elle prend pour exemple ses consœurs nancéennes, agressées ou menacées alors qu’elles sont en charge de la défense de l’AS Nancy-Lorraine. « Il est hors de question que nous puissions être attaqués ou menacés selon nos clients, nous sommes inquiets pour nos conditions d’exercice », souligne-t-elle.
L’avocate précise que pour exercer, elle, ses confrères et ses consœurs ont dû prêter serment, celui d’exercer avec dignité, probité, conscience, indépendance et humanité. « Ce sont ces valeurs, qui nous obligent, qui sont menacées », assène-t-elle.
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