
Si un médicament est aussi efficace en Allemagne, qu’en Suisse ou en France, c’est grâce au travail d’une institution du Conseil de l’Europe. La Direction Européenne de la Qualité du Médicament et des Soins de Santé (DEQM) est installée depuis cinquante ans à Strasbourg et depuis mars 2007 dans de splendides bâtiments au début de la Robertsau. Depuis octobre, une exposition vise à mieux faire connaître la DEQM, souvent appelée Pharmacopée Européenne, mais par contraction puisque la pharmacopée désigne l’encyclopédie recensant les principes actifs des médicaments.
Il peut paraître étonnant qu’une institution du Conseil de l’Europe s’occupe de notre petite santé mais cette mission découle de la convention européenne des droits de l’homme, texte fondateur du Conseil de l’Europe. La DEQM émane un accord spécifique pour « œuvrer pour le droit humain fondamental que constitue l’accès à des médicaments et soins de santé de qualité, et de contribuer à la promotion et la protection de la santé humaine et animale ».
Le paracetamol suisse soigne aussi bien que le français
La Convention relative à l’élaboration d’une pharmacopée européenne a vu le jour en 1964. À ce jour, ce traité international est signé par 37 des 47 États membres du Conseil de l’Europe, ainsi que par l’Union européenne. Ils ont pris « l’engagement de travailler à l’harmonisation de la qualité des médicaments sur l’ensemble du continent européen et au-delà. ».
En d’autres termes, si un cachet peut avoir la même efficacité sur l’ensemble du continent européen, c’est grâce à la Pharmacopée Européenne, l’ouvrage édité par la DEQM qui veille au grain. La Pharmacopée Européenne est le recueil des normes de qualités s’appliquant à une substance ou un ingrédient.
Susanne Keitel, la directrice de la DEQM, explique le fonctionnement et les missions de cette institution :
Une coordination plus vaste que l’Union européenne
C’est une mission que seul le Conseil de l’Europe pouvait mener à bien, puisqu’il fallait inclure la Suisse, pays incontournable dans le domaine de la santé mais qui n’est pas membre de l’Union Européenne. La DEQM inclut également des « pays observateurs » dans la grande tradition du Conseil de l’Europe, comme la Chine et les États-Unis…
Depuis sa mission fondatrice, les interventions de la DEQM se sont étendues :
- coordination d’un réseau des Laboratoires Officiels de Contrôle des Médicaments,
- proposition de normes et de principes d’éthique, de sécurité et de qualité pour la transfusion sanguine, la transplantation d’organes, de tissus et de cellules,
- participation à la lutte contre la contrefaçon des produits médicaux et les activités criminelles apparentées,
- établissement des normes et des contrôles concernant les cosmétiques et les emballages alimentaires.
Pour fêter son demi-sicèle, la DEQM a réalisé une vidéo (en anglais) de son histoire, une brochure du 50e anniversaire, ainsi qu’une exposition explicative de ses activités à l’extérieur, allée Kastner.

Aller plus loin
Sur EDQM.eu : Les missions de la DEQM
Sur le Blog de la Robertsau : Parcours d’Europe
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