À l’origine de cette enquête, il y a l’envie de comprendre. Comprendre comment L’Odyssée, le seul cinéma municipal de Strasbourg a pu être tenu depuis 1992 par le même homme, Faruk Günaltay, 72 ans, alors que de nombreuses voix s’élèvent de tous bords depuis des années pour dénoncer ses pratiques managériales, sa gestion économique, ou encore sa programmation hétéroclite et souvent confidentielle ? Comment ce bijou architectural strasbourgeois, construit en 1913, classé monument historique depuis 1990, et considéré comme l’une des plus belles salles du monde d’après un classement du magazine Time Out en mars, est-il devenu « le cinéma de Faruk » ?
Depuis le mois d’avril, nous avons interrogé 27 personnes au sujet de Faruk Günaltay. Des anciens employés du patron de l’Odyssée, aux anciens élèves et collègues du professeur de philosophie, d’histoire et de cinéma, en passant par des élus, des anciens maires, des anciens techniciens des services culturels de la Ville, mais également des personnalités du milieu culturel, des exploitants d’autres salles, des agents du Rectorat, de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et des personnalités diplomatiques. Il ressort de ces entretiens une crainte de parler. « On ne sait jamais ce qu’il peut faire après », « il m’a déjà menacé », « il est très puissant au niveau local et national ». Faruk Günaltay semble intouchable, et omnipotent. La quasi-totalité de nos interlocuteurs ont donc souhaité rester anonymes.

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