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À l’école du travail social, « la direction impose un climat de terreur »

De juillet à décembre 2021, cinq salariés de l’École supérieure de l’intervention sociale ont été virés. Selon la CGT, ces licenciements sont liés à une volonté de faire taire les oppositions à la direction. Pour d’anciens représentants des salariés, ces départs s’inscrivent dans les méthodes brutales de management au sein de l’institut.

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À l’école du travail social, « la direction impose un climat de terreur »

« Nous avons subi une épuration », estime Nicolas (prénom modifié), ancien responsable de filière à l’École Supérieure européenne de l’intervention sociale (ESEIS) de Strasbourg. Il était aussi membre élu du Comité social et économique (CSE) pour la CFDT. Il fait partie des quatre formateurs virés en juillet 2021 pour « inaptitude à son environnement de travail ». La direction a indiqué que l’absence de ses trois collègues, qui étaient en burn-out depuis plusieurs mois, perturbait l’école. Nicolas analyse :

« C’est surtout parce qu’on était en désaccord avec les dirigeants. Nous dénonçons des problèmes organisationnels de l’école depuis 2018. Toutes nos alertes et nos propositions d’amélioration sont restées sans réponse. »

Rue89 Strasbourg a recueilli les témoignages de huit salariés et ex-employés de l’école. De peur des représailles de la direction, d’autres membres du personnel ont refusé de témoigner pour cet article, même anonymement. « Ils nous poursuivront jusqu’au tribunal s’ils en trouvent le moyen », « Si je suis identifié, le licenciement est certain », nous a-t-on dit. Même les actuels délégués syndicaux de la CGT et de la CFDT, pourtant protégés contre ce risque, ont décliné nos demandes d’interviews, mais nous avons pu échanger avec deux anciens membres du CSE, dont Nicolas. Au total, depuis 2018, nos sources identifient 18 départs de formateurs, responsables de filières et secrétaires de formation : cinq licenciements, quatre démissions, cinq non renouvellements de contrats et quatre ruptures conventionnelles.

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