Du vendredi 4 au dimanche 6 avril, il n’y aura aucun arbitre pour les matchs de foot amateur en Alsace. Cette décision historique a été prise dans la soirée du jeudi 27 mars lors d’une réunion sous l’égide de Philippe Durr, président de la commission d’arbitrage du District d’Alsace de football. Elle fait suite à la démission d’Anthony (lire son témoignage), un arbitre alsacien menacé de mort lors d’un match à Strasbourg le dimanche 23 mars. Elle s’inspire aussi de démarches similaires dans d’autres départements, notamment en Indre-et-Loire, où les arbitres protestent également contre la hausse des violences sur le terrain.
Interrogé sur cette grève des arbitres alsaciens, Philippe Durr préfère le terme de « droit de retrait » pour les 850 arbitres du District. Il explique l’initiative :
« Les événements du week-end dernier et la violence croissante autour des stades de foot et sur le terrain nous ont poussés à retirer tous nos arbitres des compétitions du District. De même, nos arbitres désignés sur des compétitions de ligue sont aussi retirés. »
« Il faut aussi des mesures concrètes »
Pour Anthony, l’arbitre qui a démissionné le dimanche 23 mars, cette mobilisation suscite un « sentiment mitigé ». « Mon cas n’est qu’une goutte d’eau qui a fait déborder le vase, continue l’ancien arbitre :
« Cette initiative n’aurait pas eu lieu sans l’exemple de la grève dans d’autres districts [comme en Indre-et-Loire, NDLR]. C’est impossible pour moi de revenir sur un terrain de foot mais j’espère pour les autres arbitres que cette grève pourra les aider. Il faut envoyer ce message mais il faut aussi des mesures concrètes. C’est un travail de long terme qu’il faut mener, à la fois en prévention et en gestion des matchs. Tout le monde est concerné, que ce soit les joueurs, les entraineurs, les arbitres et les supporters. »
Le président délégué du District d’Alsace de football, Marc Hoog, n’avait pas été officiellement informé de cette décision au moment où Rue89 Strasbourg a sollicité sa réaction. Il n’a pas souhaité s’exprimer. Questionné sur le même sujet quelques jours plus tôt, Marc Hoog s’était montré circonspect : « Un week-end sans match ne va rien changer, j’en suis convaincu. Ça ne va pas empêcher ces supporters de revenir foutre le bordel le week-end suivant. »
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