« Depuis ce matin, la frontière surgit à nouveau dans notre quotidien, bien réelle. » Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, de même que son homologue à Kehl, s’en est émue par communiqué ce lundi 16 septembre : les contrôles de police sont de retour à la frontière franco-allemande pour une durée de six mois. Sous pression de l’extrême-droite, victorieuse lors de deux élections régionales, le gouvernement allemand a décidé de mettre en application une récente révision du code de l’espace Schengen. La coalition de gauche (sociaux-démocrates, écologistes et libéraux) peut ainsi rétablir les contrôles d’identité aux frontières allemandes pour une durée de six mois, renouvelables pendant deux ans maximum.
Des contrôles « ponctuels » et ciblés
Auprès de l’agence de presse allemande, le porte-parole de la police nationale allemande a assuré que « tous les véhicules ne seront pas contrôlés ». Un autre porte-parole de la police nationale, à Offenburg, décrit des contrôles ciblant l’immigration illégale « dans les bus internationaux, ainsi que les trains et les trams qui traversent la frontière ». La même agence décrit des contrôles « ponctuels » et rapporte l’absence d’embouteillage dans la matinée du lundi 16 septembre à l’entrée de Kehl en Allemagne.
Le retour de ces contrôles à la frontière intervient après des succès électoraux de l’extrême-droite aux élections régionales. Début septembre, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a réalisé des scores historiques dans les régions de Thuringe (32,8% des voix) et de Saxe (30,6%). L’annonce s’inscrit également aussi dans le contexte d’une récente attaque au couteau par un jeune Syrien de 26 ans. Ce dernier a fait trois morts et huit blessés dans la nuit du 23 au 24 août dans la commune de Solingen.
Les personnes en situation irrégulière sur le territoire allemand pourront être refoulées à la frontière, a indiqué la ministre de l’intérieur Nancy Fraeser (SPD). Selon cette dernière, les contrôles déjà mis en place aux frontières avec la Pologne, la République tchèque, l’Autriche et la Suisse ont permis de refuser l’entrée de 30 000 personnes depuis octobre 2023.
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