Lycéenne à Strasbourg, Céline n’attend qu’une chose : fêter son dix-huitième anniversaire en octobre et glisser son premier bulletin électoral dans l’urne. Elle ne trouve d’ailleurs pas ça juste :
« Je m’intéresse plus à la politique que beaucoup d’adultes autour de moi, alors je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas le droit de voter pour un parti dont je partage les idées. »
Le parti en question, c’est le Front de gauche. Le seul qui propose d’instaurer le droit de vote à partir de 16 ans. « Jean-Luc Mélenchon est aussi le seul candidat dont le programme vienne du peuple, des gens », assure-t-elle. Céline vient de s’envoyer l’intégrale de L’Avenir en commun, le programme de électoral de « La France insoumise ». Le texte passe de mains en mains dans son groupe d’amis, et elle entend bien maîtriser en détail toutes les mesures :
« Je suis aussi en train de lire les 144 engagements de Marine Le Pen et j’ai parcouru pratiquement tous les programmes des candidats — du moins ceux qui en ont un ! Quand je parle de politique, j’aime bien pouvoir argumenter précisément et manier les chiffres. Quand j’ai mal compris une idée, ou que j’ai un doute, je vérifie : je m’informe sérieusement et je diversifie mes sources. »
En famille, on évite la politique aux repas
Aussi loin qu’elle se souvienne, Céline a toujours entendu parler de politique dans sa famille. Pourtant les choses se sont compliquées récemment :
« Ma mère vote régulièrement écologiste, mais son compagnon est sensible au discours anti-immigration du FN. Du coup, on évite de parler politique : je sais que je n’arriverai pas à le convaincre de voter pour quelqu’un d’autre que Marine Le Pen, alors qu’il vient d’un village de 300 habitants où il n’y a aucun immigré ! »
Céline a toujours accompagné ses parents voter. Éduquée avec des « valeurs de gauche » selon elle, elle assure que son soutien à Jean-Luc Mélenchon est quelque chose de plus personnel. Au début, elle se méfiait du candidat d’extrême gauche :
« Mon père vote pour Jean-Luc Mélenchon depuis des années, et comme il a tendance à s’emporter quand on parle de politique, j’avais plutôt l’image de quelqu’un d’agressif, de violent. Mais finalement, j’apprécie beaucoup sa manière d’expliquer ses idées, de développer ses arguments. »
Pas « militante » mais ultra-motivée quand même
Pour autant, la lycéenne ne se dit pas « militante ». Elle n’a pas rejoint l’un des 2 000 groupes d’action de La France insoumise, mais elle s’est rendue au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Strasbourg. « Si d’autres candidats viennent à Strasbourg, j’irai les écouter, ne serait-ce que pour entendre leurs partisans discuter entre eux. » Mais elle fera le déplacement à Paris le 18 mars, pour marcher au côté des « Insoumis » de Bastille à République : « ça sera ma première manif ! », dit-elle. Pas question de rester dormir à la capitale : elle fera la navette dans l’un des cars affrétés pour l’occasion.
Après son bac cette année, Céline aimerait devenir ingénieur en aéronautique. Elle devrait pouvoir voter pour la première fois aux élections européennes de mai 2019, à moins que son candidat préféré ne l’emporte, proclame une VIe République et ne rajeunisse la moyenne d’âge des électeurs.
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